Se soigner

Jeudi 21 septembre 2006

            Une coupinette est une fille qui utilise une coupe menstruelle (copine + coupe = coupinette). Késako ? Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, une coupe menstruelle est un petit réceptacle en caoutchouc ("keeper") ou en silicone ("mooncup" ou "divacup") que l'on place à l'intérieur du vagin et qui recueille le sang menstruel. Voici la bête :

photo provenant du site mooncup.co.uk

Evidemment, ce système est tellement différent de ce qui est vente dans les supermarchés et pharmacies que la première réaction face à ce concept, c'est le dégoût. Pourtant, ça peut paraître étrange, mais en utilisant une coupe menstruelle on se rend compte que c'est lorsqu'on fonctionne avec des tampons ou des serviettes jetables que l'on n'est pas "propre". Petite explication...
            1.- La coupe et en silicone ou en caoutchouc inerte et est stérilisée avant le début du cycle, elle est donc exempte de cochonnerie. Le sang qui s'y déverse est stérile puisqu'étant produit à l'intérieur de l'endomètre (= de l'appareil génital). Il n'y a donc pas de bactérie et autres germes et pas de production de mauvaises odeur... alors qu'avec un tampon ou une serviette jetables, et quelque soit la fréquence du change, il y a TOUJOURS une odeur. Si, si, soyez un peu honnête avec vous-même, il y a bien toujours une odeur suspecte. Cette dernière n'a rien n'a voir avec un manque d'hygiène mais s'explique par la présence de substances chimiques dans les tampons (ces substances sont loin d'être inoffensives et le vagin ayant une grande capacité d'absorption, je ne vous dis pas les cochonneries que votre muqueuse vaginale se tape !). En renonçant aux tampons vous faites un geste pour votre santé, pour l'équilibre de votre flore vaginale et vous éliminez tous les risques ce choc toxique. En renonçant aux serviettes jetables, vous soulagez votre vulve et luttez efficacement contre les petites (voire grosses) irritations, allergies, mycoses et autres joyeusetés. La coupe menstruelle est donc bien plus saine qu'une protection jetable.
            2.- D'accord, elle coûte entre 25 et 30 euros (20 si vous faites une commande groupée avec d'autres futures coupinettes). Mais elle dure 10 ans ! Donc selon votre consommation actuelle de tampons ou autres serviettes, elle sera rentabilisée en 6 mois à 1 an. Et pendant 9 ans, elle sera entièrement gratuite. La coupe menstruelle est donc bien plus économique qu'une protection jetable.
            3.- La production de coton est la culture la plus polluante au monde, sans compter tous les produits synthétiques qui sont rajoutés dans les protections périodiques et qui font qu'une serviette ou un tampon ont une durée de vie dans la nature de plusieurs centaines d'années. Or une femme utilise plusieurs tonnes de ces machins tout au long de sa vie. Imaginez l'état de nos décharges, ou de nos incinérateurs (car les produits chlorés qui y sont contenus produisent de la dioxine lors de leur combustion et vous n'êtes pas sans savoir que la dioxine est toxique, il suffit de voir la tête du président ukrainien)... La coupe menstruelle est donc bien plus écologique qu'une protection jetable.
            4.- La première fois que j'ai entendu parler de la coupe menstruelle, je pensais que c'était réservé aux écolos qui se dévouent pour épargner à leur planète les quantités faramineuses de coton bien chimique qu'une femme utilise tout au long de sa vie. En réalité, il n'en est rien. Utiliser une coupe menstruelle n'a rien d'un dévouement... En ce qui me concerne, le dévouement consisterait plutôt à renoncer à ma coupe pour revenir à d'autres moyens de protection. Elle tellement pratique et confortable que je ne peux plus m'en passer !
Imaginez un dispositif dont vous n'auriez à vous soucier qu'une fois le matin et une fois le soir (et une fois à midi pendant les jours de flux plus importants) et qui se ferait oublier le reste du temps, sans que la moindre fuite ne se produise...
Imaginez que vous ne sentiez pas du tout ce dispositif, même en pratiquant les activités sportives les plus scabreuses, et toujours sans la moindre fuite...
Imaginez que vous n'ayez rien du tout à emporter dans votre sac, pas même un stock de protections pour la journée, le week-end ou la semaine si vous partez en vacances, exactement comme si vous n'aviez pas vos règles...
Imaginez que vous pouviez vous servir de ce dispositif avant que le sang ne commence à couler, en préventif (ce qui est franchement à proscrire pour le tampon et très peu confortable dans le cas de la serviette)...
Imaginez que ce dispositif ne soit pas jetable et que vous n'ayez donc rien à déposer dans la poubelle dans les endroits où vous vous rendez (ce qui est quand-même gênant, il faut bien le dire)...
Imaginez un dispositif avec lequel vous n'ayez jamais de fuite et jamais de sensation d'humidité (à condition de trouver le bon rythme pour le vider) et donc pas de nécessité de vous astreindre à porter un protège-slip ou une serviette désagréable...
Et bien ce dispositif existe et il possède encore bien d'autres avantages dont on ne se rend compte que lorsqu'on l'utilise. En conclusion, la coupe menstruelle est donc bien plus confortable et pratique qu'une protection jetable.
Alors soyez égoïste, offrez-vous en une, la planète vous le rendra bien...

            Maintenant que vous en savez un peu plus, passons à la pratique. Pour la stériliser, il suffit de la mettre dans de l'eau bouillante 5 minutes et da la ranger dans le petit sachet fournit lors de l'achat jusqu'au prochain cycle. Pour la mettre, il suffit d'aplatir la coupe et de la plier en deux dans la longeur de façon à considérablement réduire son diamètre et à rendre possible son insertion. Ainsi pliée, la coupe est à peu près épaisse comme un tampon super, donc ses dimensions ne sont pas si effrayantes que ça. Une fois dans le vagin, elle se déplit et se positionne presque toute seule en faisant ventouse contre les parois du vagin. - Pour ma part, quelle différence avec ma première expérience d'insertion de tampon ! J'ai eu horriblement mal, car le tampon m'a semblé rêche (malgré son applicateur), il ne s'est pas positionné au bon endroit (malgré son applicateur) et je l'ai donc senti (= attention, euphémisme) durant les quelques heures où il était à peu près en place, puis il est sorti tout seul, sans que j'ai eu besoin de tirer sur la ficelle, lorsque j'ai déféqué tranquillement sans rien demander à personne. Ah, j'oubliais, je n'ai jamais obtenu l'étanchéité complète avec des tampons, notamment, à la piscine : l'eau chlorée agissant comme un solvant drainait le sang vers l'extérieur, c'est à dire vers le fond de mon maillot de bain et vers toute surface où j'étais susceptible de m'asseoir, comme une serviette de plage, par exemple. Alors qu'avec la coupe menstruelle, je n'ai jamais eu ce genre de désagrément. - Pour la retirer, il faut en saisir la base, la presser pour expulser de l'air et "casser" l'effet ventouse, puis la tirer doucement vers le bas. Une fois retirée, il suffit de la rincer sous le robinet ou de l'essuyer avec du papier hygiènique si aucun robinet à proximité (par exemple dans les toilettes publiques) et de la remettre. C'est tout.
Ne vous inquietez pas, les informations sont beaucoup plus détaillée sur les modes d'emplois qui accompagnent les coupes lors de l'achat.
            

            Mon expérience à moi :
Je l'ai utilisée pendant trois cycles seulement et je suis déjà totalement accro. Faut dire que j'ai tout bien réussi presque du premier coup car je m'étais renseignée à mort avant d'essayer. Je n'ai pas eu de problème pour la mettre la première fois, elle s'est déployé toute seule au bon endroit. Par contre, le retrait est un peu plus technique. Voici tous les trucs dont j'avais entendu parler et que j'ai perfectionnés avec la pratique et qui font la différence entre une néophyte paniquée et une experte à qui on ne la fait pas.
Mon conseil n°1 : ne surtout pas tirer sur la tige pour retirer la coupe. La tige sert plus de guide pour donner une idée de l'orientation de la coupe à l'intérieur du vagin et pour aider à trouver le bas de la coupe en remontant le long de la tige. Là, une fois qu'on a attrapé le bas de la coupe, la tige ne sert plus à rien, il suffit de presser fort le bas de la coupe (non ça ne glisse pas grâce aux rainures du silicone) de façon à l'"ovaliser", ce qui permet une entrée d'air et une descente plutôt facile de la coupe.
Mon conseil n°2 : si la coupe est très en hauteur (et d'ailleurs c'est mieux qu'elle soit le plus haut possible, car c'est ainsi qu'on évite les fuites), il peut être difficile de l'attraper, même en suivant la tige. Il faut alors pousser comme si on allait faire caca, jusqu'à ce que la coupe descende.
Mon conseils n°3 : lors de l'insertion, une fois que la coupe est pliée en 4 dans le sens de la longueur, je maintiens les plis en place en serrant la base de la coupe du bout des doigts de la main droite, de façon à ce qu'ils soient orientés dans le prolongement de la coupe. De la main gauche, j'écarte les lèvres avec mon index d'un côté et mon majeur de l'autre et ce geste permet du même coup de servir de guide aux bords repliés de la coupe et de bien les maintenir dans la bonne position (c'est à dire d'empêcher la coupe de se déplier). Y a plus qu'à enfoncer le bord incurvé de la coupe à l'arrière puis le bord replié à l'avant. Après, en lâchant tout, elle se déploie toute seule et il suffit de la pousser pour la mettre en place. Certains préconisent de faire un quart de tour pour "sceller" la coupe, mais moi je ne peux absolument pas la tourner dans un sens ou dans l'autre car l'effet ventouse est immédiat et elle ne tourne pas d'un cil.
Mon conseil n°4 : lors de l'insertion, vérifier en faisant le tour de la base avec le majeur ou l'index que la coupe est bien déployée et que sa circonférence est bien circulaire. Si vous sentez que la coupe est un peu "ovalisée", ça veut dire qu'elle n'est pas bien calée et qu'elle n'épouse pas bien les contours du vagin : fuite assurée. Dans ce cas, le plus simple est de la retirer et de recommencer.
Ca a l'air de prendre du temps, mais ce n'est vrai que le (ou les) premier mois. En ce qui me concerne, le coup de main est venu presque tout de suite. Je recommande de s'entraîner en dehors des règles, ça aide à dédramatiser le moment M. Lors du premier cycle j'ai pigé la technique, et dès le deuxième mois j'étais à l'aise. Le sentiment de liberté que j'ai depuis me fait attendre la période des règles avec impatience.   SI !!!!

Ci dessous, quelques liens qui vous permettront d'approfondir le sujet :
- l'excellent Guide technique pratique des coupes menstruelles jadis publié par l'amicale On peut le faire
- l'article Rien que pour les filles : les règles et l'écologie sur le blog de Raffa
- un texte de Cassandre Hygiène féminine (périodique) : les alternatives écolo
- l'avis de Crikivi La révolution faite femme
- l'histoire de la coupe menstruelle par Cerise
- deux posts de Kalawangue : Protection menstruelle écologique et économique : la coupe menstruelle et Ma meilleure amie la coupe menstruelle (c'est toujours l'amour fou !)
- l'article Menstruation sur le wiki d'Ekopédia
- le site Divacup
- le site Mooncup
- le site Keeper
- le site Tampaction
- et pour ceux ou celles qui voudraient un avis médical, il existe une discussion sur les coupes menstruelles sur le forum médical Atoute, administré par le Dr Dupagne

A suivre : un article sur où et comment acheter une coupe menstruelle à New-York.

Par Loussaille
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Lundi 16 octobre 2006

C'est le titre de la conférence que Danièle Festy a tenue le 7 octobre 2006 au grand amphithéâtre du Museum d'histoire naturelle, sous le patronnage de Nature et Découverte. Danièle Festy est pharmacienne de profession et auteure de nombreux ouvrages sur la médecine au naturel et notamment sur l'aromathérapie (parmi lesquels "Les huiles essentielles ça marche !", "Antioxydants, guide pratique", "Les probiotiques, c'est magique", tous aux éditions Leduc). Or, cette conférence, j'y étais. Son propos s'appuyait sur le contenu de son livre "Mes 15 huiles essentielles" dont l'objectif est d'aider tout un chacun à mettre sur pied une petite aromathèque pour lutter contre les maux du quotidien. Voici un résumé critique de cet événement.

Ce que je pense de la conférence :

            Tout d'abord, Danièle Festy, dans la mesure où son métier l'amène à être en contact aussi bien avec les médications allopathiques que celles issues des médecines dites douces, présente l'avantage d'avoir une vision très large des choses, pleine de pragmatisme. J'ai eu l'impression que son objectif est de soigner au mieux en respectant l'intégrité du patient. Une vision holistique, en un sens, mais dépourvue de tout sectarisme car elle zappe de la phytothérapie à l'aromathérapie, met tantôt en avant les antioxydants ou les probiotiques, et ne néglige pas pour autant l'homéopathie et les médicaments "classiques".
            Ayant senti que la majorité du public dans la salle était déjà plus ou moins familiarisée avec l'aromathérapie, mais que bien peu d'entre nous paraissaient en avoir une connaissance approfondie, elle a adapté son discours de façon à ce qu'il soit compréhensible par un(e) presque débutant(e), mais suffisamment riche pour qu'un habitué y trouve quand-même son miel. Celà m'a donné envie de découvrir ses livres. En effet, ce que je reproche aux publications que j'ai lue jusqu'ici, c'est d'être trop boîte noire (quelques compositions de synergies, quelques recettes, mais bien peu d'explications sur le pourquoi du comment) ou trop grimoire (tout sur les propriétés des HE, mais pas vraiment d'idées d'utilisations concrètes). Elle a bien insisté sur la dermocausticité, la toxicité par ingestion et la neurotoxicité de certaines HE. Par contre, elle a quasiment passé sous silence la photosensibilisation, mais je pense que nul dans l'assistance n'ignorait que les huiles essentielles d'agrumes ne doivent pas être appliquées avant l'exposition à la lumière du jour... Donc, c'est pardonnable.
            A la fin de la conférence, elle a répondu aux questions des spectateurs qui tournaient toutes autour de petits ou de gros maux de santé. Les réponses qu'elle a données semblaient s'appuyer sur une connaissance profonde et une pratique solide de l'aromathérapie. Quand j'avais une idée de la façon dont traiter les bobos cités, il se trouve que soit mon analyse et la sienne allaient dans le même sens, soit elle apportait un éclairage nouveau auquel je n'avais pas songé mais qui me semblait cohérent avec mes propres connaissances. Cette cohérence, m'a bien sûr incitée à avoir confiance dans son jugement pour les traitements sur lesquels je ne me suis jamais penchée.

Ce qu'elle a dit :

             Premièrement, elle a dressé un topo sur les méthodes d'obtention des huiles essentielles (entraînement à la vapeur d'eau) et des essences (pression à froid) et une liste des parties des plantes pouvant donner de l'HE ou de l'essence : fleur, feuille, écorce, bois, graine, zeste, etc.
             Deuxièmement, elle a explicité les différentes manières d'utiliser les huiles essentielles :
- par diffusion (diffusion par chauffage ou par vaporisation, inhalation sèche ou humide),
- par application sur la peau (diluées à 5% ou 10% sur une zone étendue, ou pures sur une petite zone et uniquement pour certaines HE comme le tea tree, la lavande, la gaulthérie ou l'hélichryse),
- par bain (malgré la nécessité de dissoudre l'HE dans un dispersant approprié avant de l'utiliser dans un bain, cette méthode possède de multiples avantages, puisqu'elle combine les bienfaits de l'inhalation avec ceux de l'application par voie externe, eux-mêmes décuplés par la chaleur),
- par voie interne diluées dans une cuillérée d'huile végétale ou de miel, en perlingual, en suppositoire ou en comprimé.
             Troisièmement, elle a parlé des grandes sphères d'action des HE. Il s'agit-là du corps de la conférence...

1. LES HE ANTI-INFECTIEUSES
Son huile essentielle chouchou, celle qui d'après elle est la meilleure anti-bactérienne/anti-infectieuse, c'est l'origan compact : il lutte contre les bactéries néfastes, mais contrairement aux antibiotiques allopathiques, il favorise la bonne santé de la flore bactérienne intestinale et ne laisse donc pas le corps sans défense après un traitement ; il est très utile dans le cadre d'une infection ORL, il est anti-mycose, anti-allergie et est également très efficace dans les cas de troubles intestinaux comme la turista car il aide à restaurer un métabolisme normal. Par contre, il est si puissant, que son usage est déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes.
Danièle Festy a expliqué à ce stade de la conférence que contrairement aux antibiotiques classiques qui ne sont composés que d'une molécule active (ou deux tout au plus), les HE sont naturellement composées d'une grande quantité de molécules actives et que les bactéries sont donc dans l'impossibilité de s'organiser pour résister à toutes ces molécules. Il n'y a donc pas de phénomène de résistance qui s'instaure quand on utilise des HE anti-bactériennes.
Elle a également parlé d'autres HE ayant des propriétés similaires :
- le thym thymol, les cannelles, la sarriette et la girofle sont difficiles à utiliser sans l'avis d'un spécialiste
- les thyms à linalol et thujanol et l'eucalyptus radié sont très antiseptiques et faciles à utiliser.
Pour lutter contre une infection installée, il est intéressant de multiplier les modes d'action : par exemple utiliser des suppositoires de myrte + un bain avec de l'hysope (hysopus decumbens) + une onction d'eucalyptus + une inhalation de thym.

2. LES HE ANTI-VIRALES
L'huile essentielles qu'elle recommande d'acheter pour lutter contre les virus, aussi bien en prévention qu'en traitement, c'est la ravintsara aromatica. Elle est sans danger interne comme externe, même chez les enfants. On peut l'utiliser dans le bain ou en massage dans le bas du dos et sur le thorax en cas de maladie ORL. De plus, elle a des propriétés immuno-stimulantes.
D'autre part, le laurier noble a aussi une action anti-virale intéressante, mais il est dermocaustique. Il possède également une action sur le psychisme qui le rend polyvalent : en effet, il donne de l'aisance et du courage face à une échéance stressante et restaure la confiance en soi.

3. LES HE ANTI-FONGIQUES ET ANTI-PARASITAIRES
La plus puissante des huiles essentielles anti-fongiques, utile aussi bien dans les sphères urinaire, gynécologique, dermatologique, c'est l'huile d'arbre à thé, autrement appelée huile de tea tree. Le thym à géraniol a également des vertus anti-fongiques et l'origan compact est efficace dans le traitement des mycoses.
Dans la lutte contre les parasites, l'HE d'arbre à thé ou la lavande avriale sont efficaces (qq gouttes dans le shampoing en curatif, ou derrière la nuque en prévention).

4. LES HE ANTI-INFLAMMATOIRES
La reine des anti-inflammatoires naturels, c'est l'huile essentielle de gaulthérie. En effet, elle contient du salicylate de méthyle, un cousin de l'acide salicylique. On l'utilise dans le cas de douleurs des muscles, des os ou des articulations. Elle peut-être utilisée pure sur une petite surface ou diluée à 20% sur une plus grande surface. On peut également la mélanger à d'autres HE pour créer une synergie, notamment avec de l'HE de menthe pour son action anesthésiante et rafraîchissante.

5. LES HE ANTI-SPASMODIQUES
Dans les cas de douleurs des règles, douleurs digestives, spasmophilie et gastro-entérites, les HE de basilic et d'estragon sont préconisées. Elles ont toutes les deux des propriétés voisines, mais l'HE d'estragon lutte également contre le hoquet (1 goutte sous la langue) et les manifestations allergiques comme le rhume des foins, les éternuements et les yeux qui pleurent (2 capsules 2 à 3 fois par jour). Ces deux huiles ont l'avantage de pouvoir être utilisées diluées dans de l'huile d'olive en cuisine ou pour aromatiser la salade.

6. LES HE REGULATRICES DU SYSTEME NERVEUX
- dépression : sarriette ou mandarine (par exemple : 30mg de sarriette + 70mg de mandarine en gélule),
- cauchemar, insomnie, choc nerveux : nard,
- angoisse : marjolaine (2 gouttes sur le plexus solaire),
- insomnies : lavande, tous les citrus (en inhalation, bain, infusion ou vaporisation sur l'oreiller),
- chocs nerveux : camomille romaine (cette HE est TRES chère, mais heureusement, elle est si efficace que respirer le flacon suffit la plupart du temps).

7. LES HE TONIQUES DIGESTIVES ET CARMINATIVES
- digestions lentes : coriandre, gingembre, menthe poivrée,
- nausées : menthe, citron, gingembre (ce dernier est d'ailleurs préconisé pour les nausées de la femme enceinte),
- aérophagie, flatulences : cumin, carvi,
- intoxications alimentaires : menthe,
- hépatites virales ou infectieuses : lédon du Groënland (en onction sur le foie, 2 gouttes pures, 3 fois par jour),
- surcharge hépatique : livèche (1 goutte 3 fois par jour).

8. LES HE TONIQUES CIRCULATOIRES
- jambes lourdes : cyprès,
- hémorroïdes : lentisque pistachier,
- hématomes : hélichryse italienne aussi appelée immortelle (2 gouttes pures 2 ou 3 fois par jour sur les bleus),
- hémostatique (càd stoppe les saignements) : ciste ladanifère,
- cellulite : genévrier,
- oedèmes : bouleau.

9. LES HE REEQUILIBRANTES METABOLIQUES
- cholestérol : ail, oignon par voie interne,
- diabète : géranium par voie interne,
- hypertension : ylang ylang par voie externe et localement,
- hypotension : menthe par voie interne.

           Enfin, après cet exposé, les questions ont soulevé de nouveaux problèmes et Danièle Festy a apporté quelques précisions, notamment sur les HE et l'aromathérapie en général.
- le nom latin : il a son importance pour identifier très précisément l'HE concernée, surtout dans le cas de l'hysope dont deux variétés voisines n'ont pas la même dangerosité, de la ravintsara pour des raisons d'homonymie, et du thym.
- le chémotype : une HE de qualité doit toujours être chémotypée, c'est à dire que la molécule dominante de la composition doit être précisée sur le flacon. En effet, une même HE peut avoir des propritétés totalement différentes selon son origine et selon le dosage de ses différents composés.
De plus, c'est un gage de qualité et de sérieux de la part des fabricants.
- les labels : une HE peut ou peut ne pas être bio selon qu'elle provient d'une plante cultivée ou d'une plante sauvage, ces dernières ne pouvant faire l'objet d'une certification bio, ceci ne présage en rien de sa qualité. Néanmoins, si le label ecocert n'est pas toujours apposé à cause de la raison ci-dessus, il est utile de rechercher les mentions "huile essentielle pure et naturelle, complète, non déterpénée, non modifiée" ou les labels HEBBD (HE botaniquement et biochimiquement définie) ou HECT (HE ayant été analysée en chromatographie phase gazeuse).
- la conservation : les HE pures se gardent à vie, mais les huiles végétales qui servent de support rancicent.
- la durée du traitement : Danièle Festy conseille de n'utiliser les HE en traitement de fond que 10 jours par mois, et, le reste du temps d'avoir recours à des méthodes alternatives (phytothérapie, homéopathie, compléments alimentaires, ou même rien si le problème chronique n'est pas trop grave). Ainsi, les risques d'allergie et de toxicité sont minimisés.
- l'aromathérapie est effectivement une médecine naturelle, mais le terme de médecine douce est totalement inapproprié car une mauvaise utilisation des HE peut se révéler mortelle.
- liste des HE neurotoxiques : leur usage est déconseillé par voie orale pour tous et est à proscrire pour les jeunes enfants et pour les femmes enceintes
achilée millefeuille, acore, aneth, absinthe, armoise, badiane, basilic camphré, carvi, cyprès bleu, fenouil, toutes les menthes, moutarde noire, romarin à verbénone et camphré, rue odorante, sauge officinale, thuya.
- liste des HE dermocaustiques : à ne jamais appliquer sur la peau
cannelle, citronelle, origan, sarriette, serpolet, thérébenthine.

 

             Quelques petits trucs en plus :
- la varicelle et le zona sont combattues efficacement par l'HE de tea tree et celle de niaouli ;
- l'extrait de ginkgo biloba est souverain pour la micro-circulation ;
- le thuya est le meilleur moyen de venir à bout d'une verrue, mais comme l'HE de thuya est neurotoxique, il convient de la diluer avant de l'appliquer sur la verrue ;
- l'HE de menthe lutte contre les maux de tête, et peut être accompagnée avec du saule et de la reine des prés (qui contiennent du salycilate de méthyle) ;
- le yam et la sauge sclarée sont bénéfiques contre les bouffées de chaleur, mais il vaut mieux les utiliser séparément, en massage sur le bas du ventre, le matin ;
- un goutte d'HE de laurier noble directement sur une aphte est très efficace ;
- la sarriette et l'origan sont des anti-paludéens à utiliser en interne avec un supplément de vitamines B qui donnent à la peau une odeur repoussant les moustiques.

 

Attention : Les huiles essentielles sont des produits actifs et puissants. Il convient de vérifier les conditions d'usage avant de les utiliser. Par ailleurs, je vous conseille de TOUJOURS consulter plusieurs sources afin de vérifier vos infos, de façon à écarter au maximum les risques. D'autre part, je ne saurais être tenue pour responsable en cas de problème consécutifs à un mauvais usage des huiles essentielles.

Par Loussaille
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