Soigner la planète

Mercredi 13 septembre 2006

Dans Les cahiers de l'ingénierie de projet n°71 de juillet/août 2006, j'ai relevé un article qui a attiré toute mon attention... Ce numéro servait de tribune aux projets présentés au Grand prix national de l'ingénierie. Parmi les projets en compétition dans la catégorie environnement on trouve une idée de montagne solaire produisant de l'énergie propre.

Voici le contenu de l'article :

"La montagne comme source d'énergie

Produire l'énergie de demain
Le projet ELIOTH est un système de production d'énergie renouvelable, inventé par Raphaël Ménard et porté par le groupe OTH. Les montagnes solaires sont un principe révolutionnaire de centrale solaire, qui a fait l'objet d'un dépôt de brevet international en 2005. Ce projet est l'occasion, pour la société d'ingénierie OTH, de rappeler le rôle, la place et la responsabilité de l'ingénieur pour le futur de notre planète.
Les montagnes solaires sont des centrales électriques dont la puissance peut atteindre 500 MW - soit la puissance d'une centrale nucléaire - pour un coût de construction pouvant être inférieur à 1 euro par watt installé !
Le projet tire son origine du concept de cheminée solaire ; ce type de centrale, au départ, a été imaginé par Günther, en 1931. La société SBP a construit en 1982 une centrale prototype en Andalousie, qui comportait une cheminée de 200 mètres de haut. Un projet actuellement à l'étude prévoit une centrale de 200 MW en Australie ; celle-ci devrait être réalisée en 2009 et disposerait d'un tirage thermique accru grâce à une cheminée de 1000 mètres de haut.
Les cheminées solaires sont un principe issu de la fin des années 80. Ce système de production d'énergie utilise la récupération de l'énergie solaire par tirage thermique généré par :
- l'échauffement de l'air au niveau du sol avec effet de serre ;
- cet air moins dense que l'air extérieur génère un gradient de pression dans la cheminée ;
- le gradient crée un vent artificiel ;
- des turbines situées en partie basse de la tour transforment ce courant d'air en électricité.

Une idée révolutionnaire : la montagne comme source d'énergie
La limite des cheminées solaires, c'est leur intégration dans le paysage naturel. D'où l'idée de montagne solaire : la surface du globe nous fournit des appuis naturels grâce au relief, et en particulier grâce aux montagnes. Dès lors, monter à 200, 1000 ou 3000 mètres ne représente plus un exploit technique majeur, dans la mesure où le conduit de la cheminée épouse le relief et prend appui régulièrement sur le sol. On pourrait même imaginer dépasser les 4000 mètres si l'on prenait appui sur les contreforts de l'Himalaya !
La montagne solaire, c'est également un principe constructif révolutionnaire autorisant une mise en oeuvre ultra-rapide et sans répercussion sur l'environnement. Ce système de production d'énergie pourrait être en même temps un instrument de valorisation du territoire : pourquoi ne pas imaginer par exemple des cultures maraîchères sous la serre centrale ?
L'innovation des montagnes solaires, c'est aussi sa modestie... car le jour où l'humanité disposera d'une source d'énergie efficace et propre, les montagnes solaires seront démontées très facilement, ne génèreront pas de cicatrices sur le paysage grâce à leur mode constructif et se recycleront très facilement."

L'article est accompagné de l'illustration suivante :

On y voit la zone bâchée couvrant 200 hectares et la cheminée montant sur les flancs de la montagne et la base de laquelle sont situées les turbines. Désolée pour le netteté. Comme vous l'aurez deviné, je ne suis pas un foudre de guerre en matière de technique informatique !!!

Ce que j'en dit :
Ce projet me paraît prometteur mais il y a quand-même des questions que je me pose sur l'aspect écologique d'une telle entreprise.
- La fabrication d'une bâche couvrant une telle superficie et résistant aux intempéries de la haute montagne peut-elle être fabriquée sans puiser dans les réserves de matières premières non renouvelables (pétrole) et sans rejet massif de gaz à effet de serre et autres polluants ?
- Le rejet en haute altitude d'air chaud a-t-il un impact sur la température des glaciers et de l'atmosphère (auquel cas, le remède serait pire que le mal) ?
- Le préjudice esthétique, surtout pour un versant ensoleillé, et l'importante surface couverte peut rendre le projet désagréable aux populations locales. Une étude pilote sur le terrain a-t-elle été menée et, le cas échéant, comment ont réagi les riverains ?
- Est-il plutôt envisagé de construire de petites unités locales ou une grosse usine de même puissance qu'un réacteur nucléaire ? Si la deuxième solution est prioritaire, les problèmes de stockage et d'acheminement de l'énergie (et de la pollution engendrée par ces activités) se posent, comme dans le cas de toutes les grosses structures.

Un autre article a été publié sur internet, il est visible à l'adresse suivante :
http://www.amicale-oplf.info/index.php?option=com_content&task=view&id=18&Itemid=27

Mise à jour du 22/09/2006 :
Raffa a reporté l'existence d'un autre article intéressant sur le sujet dans ses actus n°21 parues aujourd'hui même :
http://www.actu-environnement.com/ae/news/1916.php4
Si vous voulez vous abonner aux actus de Raffa, cliquez ici : http://raffa.over-blog.com/

Par Loussaille
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Dimanche 10 décembre 2006

grosse poubelle                                       grosse poubelle                                               grosse poubelle                                       grosse poubelle

          La gestion des déchets ménagers à New York, c'est très compliqué...
- Les ordures ne sont pas ramassées tous les jours,
- les camions-poubelles ne passent que deux fois par semaine (une fois seulement pour les ordures recyclables),
- les jours de ramassage changent d'un quartier à l'autre,
- il ne faut pas s'emmêler les pédales entre le jour de ramassage et le jour où les poubelles doivent être déposées sur le trottoir (et non, ce n'est pas le même jour ce serait trop simple),
- personne ne sait exactement quoi recycler dans quelle poubelle car il n'y a rien d'écrit sur les poubelles, d'ailleurs la plupart du temps, il n'y a même pas de poubelle...

          Or le recyclage est imposé à tous par la loi... Donc, pour ne pas risquer une amende (cf. le code des affaires sanitaires de New York) et pour mettre mes actes en conformité avec ma conscience, j'ai fait quelques recherches dont je vous fait profiter...

          Tout d'abord, un peu de vocabulaire :

benne à ordures = dumpster
boîte de conserve = can
brique (de lait) = carton (milk)
carton = cardboard
cintre = wire hanger
décharge = rubbish dump
déchet = waste
déchèterie = special waste drop-off site
détritus = litter
journal = newspaper
ordures = refuse ou garbage
papier = paper
poubelle = garbage can ou bin
ramassage = collection
recyclage = recycling
système sanitaire = sanitation
trottoir = curb
verre = glass

1.- Quels sont les jours de ramassage ?
          Pour connaître les jours de passage des camions poubelles, vous pouvez demander à vos voisins... Si ceux-ci sont consciencieux ils pourront vous répondre ; mais s'ils le sont moins ils vous répondront qu'ils sortent leurs poubelles quand les autres le font aussi et que donc ils ne savent pas exactement quels jours ça tombe, peut-être bien le mercredi et le samedi, enfin ils ne sont pas trop sûrs, le mieux c'est de demander à quelqu'un d'autre... Pour en avoir le coeur net, consultez le calendrier du Department of Sanitation New York City. Il vous suffit de connaître votre adresse approximative (pas besoin du redoutable ZIP code dont personne ne se souvient par coeur), de renseigner les champs de leur base de données et en un clic vous aurez votre réponse. Notez bien que si le jour de ramassage tombe un jour férié, il saute (et si c'était le jour du ramassage des déchets recyclables, alors il vous faudra stocker deux semaines de poubelles chez vous ou dans votre local à poubelle si celui-ci n'a pas débordé). Pour connaître les jours fériés observés par les services de ramassage, cliquez ici.
         Un petit exemple, dans mon quartier, les déchets ménagers sont recoltés le lundi et le jeudi, les déchets recyclables, eux, ne sont ramassés que le lundi.

2.- Quand déposer vos poubelles sur le trottoir ?
         Contrairement aux apparences, cette question n'est pas redondante par rapport à la première. En effet, les poubelles doivent être sorties, la VEILLE au soir d'un jour de ramassage.
Pour continuer sur le même exemple, je dois donc sortir mes poubelles "classiques" le dimanche soir et le mercredi soir, et mes poubelles de déchets recyclables le dimanche soir uniquement.

3.- Comment trier mes déchets ?
         A New York, il y a quatre types de conditionnement :
- les cartons d'emballage, papiers et journaux doivent être déposés dans un sac plastique transparent (ou, si vous avez la chance d'avoir des poubelles dans votre immeuble, dans la poubelle portant une étiquette verte),
- les cartons ondulés doivent être aplatis (ce qui paraît normal) et ficelés entre eux (ce qui ne s'invente pas),
- le métal, le verre, les bouteilles et pot en plastique, le petit électroménager ainsi que les briques ayant contenu des boissons doivent être emballés dans des sacs bleus translucides (ou être déposés dans la poubelle étiquetée de bleu),
- le reste, c'est à dire les déchets non recyclabes, doivent être déposés dans un sac opaque noir.

         Si votre immeuble est équipé de poubelles permettant aux éboueurs de différencier les contenus, alors n'importe quel sac plastique peut vous servir de poubelle. Par contre, si comme l'immense majorité des logements à NY, vous devez déposer directement vos déchets sur le trottoir à date fixe, ils vous faut impérativement vous équiper en sac poubelles standardisés (noir opaque, bleu transparent et transparent-transparent) sinon vos ordures risquent de ne pas être identifiées et de ne pas être ramassées. Oui, madame ! Et en plus vous risquez une amende si quelqu'un vous a vu faire et vous dénonce en appelant anonymement le 311. Si ! Par contre, j'imagine que ça ne doit pas arriver souvent vu l'état de salissure de nombreux quartiers, mais c'est théoriquement possible.

        Pour avoir plus de détail sur le tri, cliquez sur cette page du site du Natural Resources Defense Council.
Vous pouvez aussi vous promener sur le site NYCWasteLe$$ mis en place par le gouvernement de New York et destiné à promouvoir la réduction des déchets, le recyclage et le ré-usage.

4.- Que faire de mes déchets spéciaux ?
- Il existe des réceptacles destinés à recevoir les piles (en anglais : batteries) dans de nombreux commerces, à commencer par les pharmacies ; pour savoir où se trouve le lieu de collecte le plus proche de chez vous, consultez la page suivante,
- les gros objets (meubles, électroménagers, tapis, bois, débris de construction) peuvent être collectés gratuitement avec les déchets classiques, dans la limite de six unités par adresse (donc si vous êtes nombreux dans le même immeuble, il faudra vous concerter avant de jeter),
- les gros objets métalliques sont récoltés gratuitement avec les déchets recyclables et toujours dans la limite de six objets encombrants par adresse,
- les appareils contenant du fréon ou des CFC (réfrigérateur, déshumidificateur, air conditionné, congélateur, etc.) doit faire l'objet d'un traitement spécial : les portes doivent être retirées, et avant de les déposer sur le trottoir, un rendez-vous doit être pris en appelant le 311,
- les pneus de voitures particulières peuvent être déposés aux adresses suivantes, dans la limite de quatre par personne,
- pour les autres déchets spéciaux, rendez vous sur cette page qui donne la localisation des déchèteries de NY.

Je vous invite également à consulter le site de Earth 911 qui répertorie, par code postal, toutes les informations environnementales locales et notamment les structures de recyclage ou de collecte d'un nombre incroyable de déchets...

Ouf, enfin terminé ! J'espère ne pas vous avoir trop barbé avec mes histoires de poubelles. Mais il suffit de s'être promené à 6 heures du matin à Times Square (juste avant le ramassage des ordures) pour comprendre que pas un site de la grosse pomme n'est épargné par les soucis de cet ordre. Des trottoirs bien balayés de Park Avenue aux coins de rues crasseux de Brooklyn, nul new-yorkais n'est dispensé de connaître les règles complexes (!) du ramassage des déchets...

grosse poubelle                                       grosse poubelle                                               grosse poubelle                                       grosse poubelle

Par Loussaille
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Vendredi 22 décembre 2006

          Dans The L magazine, petite publication gratuite faisant le tour de l'offre culturelle de New York et paraissant un mercredi sur deux, il y a une rubrique que j'aime beaucoup... C'est la chronique "Conscientious Objector", c'est à dire objecteur de conscience (c'était pas trop dur à deviner, hein?), tenue par Amanda Park Taylor. Cette journaliste s'intéresse à l'écologie et écrit des articles sans concession, pleins d'humour et en même temps gavés de bon sens. De quoi faire évoluer les mentalités et les comportements des plus récalcitrants à la cause écologique (enfin presque, vous verrez dans les liens, ci-dessous qu'il y a quand-même des exceptions).


          image tirée du site The L Magazine

          Dernièrement, elle a lancé une série d'articles destinés à répondre à la question "je veux bien faire quelque chose pour l'environnement, mais par où je commence ?". Cette série s'intitule "Secret Green Army" et constitue une incitation à RESISTER (d'où l'idée de l'armée secrète) aux injonctions permanentes à la sur-consommation, au gâchis et à la pollution dont sont matraqués les américains (non, non, je n'éxagère pas). Les réponses qu'elle apporte ne contiennent pas de nouvelles idées pour ceux qui se sont déjà penché sur la question et qui ont déjà modifié leurs comportements, par contre elle combat si bien l'immobilisme et le défaitisme que je trouve ça revigorant que de lire sa chronique une semaine sur deux. De plus, elle est américaine et s'adresse aux américains moyens avec des arguments imparables et une approche que je trouve pédagogique. Les cas de figure qu'elle cite, je les ai vécus aussi, alors je vois très bien de quoi elle parle...

          Un exemple, dans son premier article "Mission Un : éradiquer les sacs plastiques" (ahh, les Américains et les sacs plastiques, c'est une longue histoire d'amour...) , Amanda Park Taylor parle de l'air effaré des vendeurs quand elle demande, que dis-je quand elle supplie (car ils insistent les bougres), d'avoir le droit de mettre ses achats dans son sac personnel ou de les porter à la main. Car aux Etats-Unis, ça ne se fait pas, mais alors pas du tout !!! Qui plus est, il est quasi-impossible d'emballer soi-même ses achats. Le vendeur s'en charge (et il est très rapide) ou alors il y a carrément des préposés à l'ensachage qui sont derrière les caisses et qui vous emballent d'emblée vos achats (du coup vous êtes plus ou moins obligés de leur donner un pourboire alors que vous n'aviez rien demandé). Mais en plus, comme les sacs plastiques qui sont présents aux caisses sont de piètre qualité, et c'est peu de le dire, ils les doublent systématiquement et ils les remplissent à moitié ! Bref, il est très rare de s'en tirer à moins de dix sacs plastiques par course. Or ces sacs plastiques, je n'en ai pas besoin puisque je fais mes courses avec un caddy de mémé, vous savez les fameux shopping cart...
          Alors j'ai essayé de leur dire de ne pas emballer mes achats, mais comme souvent les ensacheurs sont issus de l'immigration, ils parlent encore moins bien l'anglais que moi et je n'ai pas pu me faire comprendre.
          J'ai ensuite tenté de leur demander de ne pas doubler les sacs, puisque de toute façon je ne les porte pas, ça n'a pas besoin d'être très solide. Mais le plus souvent, les sacs sont déjà doublés car ils s'avancent dans leur travail lors des périodes creuses et ils font mine de ne pas vous entendre (mon Dieu ce que c'est agaçant). Il m'est arrivé une fois ou deux d'obtenir satisfaction après au moins deux minutes de pourparler. De plus, il a fallu faire face à leur air ahuri, car ils ne comprennent ABSOLUMENT pas pourquoi vous faites des manières pour quelques pôvres sacs plastiques.
          Je n'ai eu qu'une seule fois l'occasion de faire mes courses sans le moindre sac plastique. Ce jour-là l'ensacheur n'étant pas à son poste, je n'ai fait ni une ni deux, j'ai empilé mes achats tel quel dans mon caddy. Je sors du magasin toute contente de moi, et là, le MANAGER me cours au train pour me demander d'un air affolé si je ne veux pas de sac plastique. C'est absolument authentique (d'ailleurs, ça ne s'invente pas).

          Pourtant, avant de venir vivre ici, on m'avait dit qu'à New York, il n'y avait plus de sac plastique, qu'on ne trouvait dans les magasins que des sachets papier. Je pense que ceux qui le disent se sont doublement trompés :
- Il doivent être victimes de l'industrie du cinéma qui adore montrer cette image totalement fausse de la mère de famille portant son gros sac en papier de l'hypermarché à sa voiture en traînant ses trois enfants à ses basques. Primo, en réalité, ici, personne ne porte jamais rien, au pire on pousse le caddy du magasin jusqu'à son coffre de voiture. C'est à un tel point, qu'une personne portant ses courses à bout de bras - ce qui m'arrive quand je ne repasse pas chez moi prendre mon caddy - attire de nombreux regards incrédules. Deuzio, je n'ai jamais vu d'hypermarché équipé en sacs papier.
- Ils doivent n'avoir fait leurs courses de touristes que dans les petites épiceries de quartier ou effectivement, les sacs papier sont fréquents, et encore uniquement pour les petits achats, pour le reste, c'est plastique pour tout le monde. C'est un peu comme d'évaluer les habitudes de shopping des parisiens en se fondant uniquement sur la fréquentation des "arabes du coin". C'est très limité.

          Plus récemment, j'ai fait mes courses à Trader Joe's, qui est un magasin à nette orientation écolo (ils utilisent 100 % d'énergie éolienne, ils achètent à des producteurs locaux, ils vendent du bio et du traditionnel amélioré, ils essayent de réduire les emballages, etc.). Là, le vendeur propose : "sac plastique ou sac en papier ?" Ce qui me remplit inévitablement de perplexité... Pourquoi continuer à offrir des sacs plastiques à leurs clients alors qu'ils ont des sacs en papier plus faciles à porter (ne cisaillent pas les mains), plus jolis (c'est important l'esthétique) et surtout BIODEGRADABLES (bien sûr, je lui ai demandé des sacs en papier, mais c'était, je crois, superflu de le préciser). Mais ce n'est pas tout ! J'avais un superbe bidon de lait de 4 litres (1 gallon) muni d'une élégante poignée. Et il a fallu que j'insiste pour le porter à la main ! Non mais.

          Tout ça pour dire que quand Amanda Park Taylor parle aux américains pour tenter de faire évoluer leur façon de voir le monde et l'écologie, je me réjouis. Oui !
Si vous lisez l'anglais, allez donc consulter ses chroniques :
- Projet d'armée verte secrète : mission un : éradiquer les sacs plastiques,
- Projet d'armée verte secrète mission deux : repose ta putain de bouteille (sic),
- Armée verte secrète : offrir vert : à la recherche d'un New York plus vert  (article très intéressant pour avoir des idées de cadeaux écologiquement corrects, inspirez-vous en pour le Noël de l'année prochaine...),
- Armée verte secrète IV : tu déconsommeras,
- Armée verte secrète V : et la viande mènera la Terre à sa perte.

          Par contre son discours ne passe pas auprès de tout le monde. Notamment auprès de ceux qui ont été élevés dans la religion de l'économie (quand l'économie va, tout va...) et qui se dressent contre les "inepsies" proférées par Amanda (lire les inepties ici) quand elle s'insurge de trouver chez le même Trader Joe's des épinards qui viennent de Chine (lire l'article polémique en question, qui, s'il ne faisait pas si peur serait hilarant). En un mot, ceux que le proverbe indien Cree décrit ainsi :
"Quand le dernier arbre sera abattu,
La dernière rivière empoisonnée,
Le dernier poisson pêché,
Alors seulement, vous comprendrez
que l'argent ne se mange pas..."

Par Loussaille
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Jeudi 23 août 2007

        Pour tous les Français de New York (et d'ailleurs) qui sont bien obligés de prendre l'avion pour retourner en France faire un coucou à leur famille de temps en temps, et qui savent bien qu'un billet aller-retour Paris-New York est aussi polluant qu'une année entière de trajet boulot-domicile en 4x4, il existe une solution pour lutter contre la mauvaise conscience écologique et pour diminuer l'impact du vol sur la planète et son atmosphère. Ca s'appelle la compensation carbone, ou "carbon offset" en anglais.

        Les carbon offsets sont des activités destinées à réduire le CO2 produit, de façon à contrebalancer le CO2 relargué dans l'atmosphère par votre vol transatlantique, et ainsi à baisser votre empreinte écologique de pollueur aérien. Des fonds de compensation écologique ou Green offset funds, vendent des compensations à des particuliers ou à des entreprises. Ces mêmes fonds financent des projets soutenant la reforestation des zones tropicales ou le développement des énergies renouvelables. En achetant un carbon offset, on donne de l'argent à un groupe qui travaille à la réduction de la production de CO2. Le bénéfice : même si vous polluez (et pas qu'en prenant l'avion), la réduction de gaz à effet de serre pour laquelle vous avez payé, peut quasiement annuler les effets négatifs de vos actions. C'est bien pour la conscience... Et ça marche mieux que d'acheter des indulgences pour contrebalancer nos péchers et entrer au paradis.

        Ces compensations ne sont pas destinées uniquement aux entreprises qui veulent se faire de la pub en reverdissant leur image. Des associations achètent des carbon offsets pour s'assurer que les événements qu'ils organisent ont une empreinte écologique nulle. Des groupes de musiques en achètent également pour s'assurer que la production de gaz à effet de serre résultant de leurs tournées soit contrebalancée par une réduction de production de CO2 équivalente. Et les particuliers peuvent s'y mettre aussi. Les organisations qui vendent ces carbon offsets calculent combien ils vous en coûtent pour neutraliser une production de CO2 donnée. Et c'est pas si cher qu'on croit. Ainsi, d'après l'organisation Carbon Fund (www.carbonfund.org), il ne vous en coûte que 19,49 $ pour compenser la production de gaz à effet de serre et la formation de nuages en altitude d'un trajet aller-retour JFK-CDG, c'est à dire New York-Paris (hééééé oui, les avions produisent aussi de la vapeur d'eau, qui forme des nuages, qui empêchent la chaleur de s'échapper de l'atmosphère par radiation, qui en rajoutent une couche dans l'effet de serre et le réchauffement de la planète). C'est peanuts ! Surtout si le reste du temps vous travaillez à réduire votre impact écologique, ce qui se traduit le plus souvent par un comportement plus économique et donc moins de sous dépensés.

        Ce genre d'organisation a le vent en poupe en ce moment puisque Carbon Fund, un des organismes les plus importants en la matière, a multiplié par 20 son volume d'affaire depuis l'année dernière. A lui seul, Carbon Fund compense pour la prduction de plus de 150 000 tonnes de dioxyde de carbone. Qui peut en dire autant ?

        Pour en savoir plus sur les organismes qui vendent des compensations carbone, allez visiter www.green-e.org qui certifie les programmes de développement des énergies renouvelables et travaille sur un label concernant la vente de carbon offset, ou www.ecobusinesslinks.com qui propose une liste détaillée de ces organismes.

Par Loussaille
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Mercredi 10 octobre 2007

Au Etats-Unis fleurissent depuis quelques années les expériences les plus diverses et variées visant à briser notre dépendance à la société "pétroliphage" ou à réduire notre empreinte écologique. Ces expériences peuvent être classées en différentes tendances:

1. Les "Locavores"

A la suite de James MacKinnon et Alisa Smith de Vancouver, qui se sont lancés en 2005 le défi de ne rien manger pendant 1 an qui ait voyagé plus de 100 miles (c'est à dire grosso modo 160 km) avant d'aterrir dans leur assiette, de nombreuses initiatives du même genre ont vu le jour en Amérique du Nord. Les nouveaux locavores se sont appuyés sur des lectures devenues cultes comme The 100-Mile Diet: A Year of Local Eating (édition canadienne) et Plenty: One Man, One Woman, and a Raucous Year of Eating Locally (édition américaine).
Cette expérience a fait boule de neige puisque de nombreux magasins ayant un rayon fruits et légumes digne de ce nom et une conscience, ainsi que quelques restaurateurs se font un devoir de ne se fournir qu'auprès de producteurs de proximité. Tout au bout de la chaîne, même les épiceries de quartier et les grandes surfaces commencent à mettre en avant les produits cultivés localement. Enfin, les farmers' markets qui ne regroupent QUE des producteurs locaux, ont vu leur fréquentation croître et, par conséquent, l'offre de fruits et légumes s'est enrichie et diversifiée, convaincant ainsi en retour de nouveaux clients de sauter le pas.
Bien qu'à New York, cette tendance soit moins sensible qu'en Californie, mais il faut dire aussi que le climat de la Côte Ouest rend les choses particulièrement faciles pour les locavores, les mentalités bougent ici aussi, comme en témoigne le pacte lancé par l'Etat de New York, le 100-mile diet challenge, incitant les professionnels et les particuliers à signer et à s'engager à ne se nourrir que d'aliments produits localement.
En Virginie, l'expérience menée par Barbara Kingsolver, écrivaine renommée, et sa famille, s'est traduit par la publication d'un livre Animal, Vegetable, miracle: a year of food life qui est d'ores et déjà un succès éditorial. Cet ouvrage fait le compte-rendu d'une année durant laquelle la famille n'a mangé que ce qu'elle a elle-même produit (quoi de plus local que les fruits, légumes, oeufs et viande de son propre jardin?), ou, au pire, acheté à des producteurs locaux.

La philosophie des locavores recoupe souvent celle du mouvement d'origine italienne Slow Food. Elle est présentée succintement dans cet entretien radiophonique (en anglais) de Barbara Kingsolver appelé The Ethics of Eating. Néanmoins, les motivations des deux créateurs, au départ de leur aventure, relevaient autant du désir de lutter contre la crise qui touche les exploitations agricoles familiales que de celui de mettre un terme aux absurdités écologiques générées par la mondialisation du marché alimentaire, sur lequel un ingrédient voyage en moyenne 1500 miles (environ 2400 kilomètres) avant d'être consommé.

100-Mile Book US

2. Les "Consommophobes" (ou anti-consuméristes, mais je trouve le mot moins approprié)

Venus eux aussi de l'Ouest de l'Amérique, mais ayant une origine toute différente, les consommophobes du groupement The Compact, lancé à San Francisco en 2006, ont tenté l'expérience de ne rien acheter pendant toute une année, en dehors bien entendu de la nourriture. Quand le besoin d'acquérir un nouvel objet se faisait sentir, les membres avaient le choix entre l'emprunter, le troquer ou l'acheter d'occasion.

Le but avoué de l'initiative est, d'une part, d'aller au delà du recyclage pour contrecarrer les effets négatifs de la société de consommation à l'américaine, aussi bien au niveau environnemental qu'humain ; d'autre part, de désencombrer les logements et les vies. En celà, on reconnaît l'influence de la Simplicité volontaire, concept apparu aux USA en 1981 avec la publication de Voluntary Simplicity : Toward A Way Of Life That Is Outwardly Simple, Inwardly Rich de Duane Elgin.

Encore une fois, l'expérience a eu du succès puisque de nombreux nouveaux membres viennent régulièrement enrichir le groupe d'échanges The Compact. Ceci permet à d'autres anti-consuméristes d'occuper le devant de la scène. Ainsi, les groupes de consommateurs (dont l'objectif est d'aider à consommer MIEUX), les adeptes de la simplicité volontaires (qui ont pour but de consommer MOINS) et les freegan (qui, eux, souhaitent NE PLUS consommer DU TOUT, du moins pas dans le sens habituel du terme) gagnent en popularité. Ces derniers sont regroupés autours d'associations ou de sites internets tels que www.freegan.info, Freecycle ou Really really free market afin de permettre le partage des ressources (qu'il s'agisse de faire circuler des objets qui ne servent plus ou de récuperer dans les poubelles - oui, oui - ce qui pourrait encore servir mais dont les autres ne veulent plus), des informations ou des savoir-faires.

A noter également le succès du Révérend Billy et du Stop Shopping Gospel Choir, mélangeant religion spectacle à l'américaine et message anti-consumériste, comme en témoigne la parution du livre du Révérend intitulé What Jesus would buy: Fabulous Prayers in the Face of the Shopocalypse (sic !!!). Une bizarrerie dont on ne se lasse pas...

3. Les "Technophobes"

Cette tendance-ci est bien implantée aux USA depuis des siècles, et ce grâce à des groupes religieux anabaptistes, comme les Amish ou les Mennonites, qui rejettent partiellement ou totalement l'usage de la technologie et en particulier des appareils électriques et des véhicules à moteur. Le travail de la terre ainsi que les déplacements sont ainsi tributaires de la traction animale (c'est à dire des chevaux). Le réfrigérateur, la machine à laver, la télévision, l'éclairage électrique, mais aussi la climatisation (pourtant présente dans la plupart des foyers américains à l'heure actuelle), ni aucun des outils électriques utilisés par les ouvriers ou les artisans ne sont autorisés au sein de ces communautés.

Récemment, Eric Brende, un diplômé de MIT (Massachusets Institute of Technology) réalisant à quel point les nouveaux développements technologiques semblaient plus aliéner l'homme que le libérer, décidé de se joindre à l'une de ces communautés avec sa femme, pour une durée d'un an et demie, afin de déterminer si, sans technologie, la vie est aussi peu confortable que ce que les adeptes du progrès tentent de nous faire croire. Le résultat de cette expérience est publié en 2004 sous le titre Better Off : Flipping the Switch on Technology.
Bien sûr, cette question n'est pas neuve et n'est pas sans rappeler le mouvement Luddiste d'opposition à la mécanisation des usines, au 19ème siècle, ou l'expérience menée par Henry David Thoreau (1817-1862) qui laissa le monde civilisé derrière lui pour vivre seul en pleine nature, durant deux ans, sur les bords de l'étang de Walden (Massachusets). Thoreau était, lui aussi, réticent face au "Progrès" et aux nouveautés technologiques. Il considérait, entre autres, que voyager à pied était plus rapide que de prendre le train, car si on comptait en plus du trajet en lui-même le temps passé à travailler pour payer le voyage, il était fort probable que le marcheur serait arrivé à bon port bien avant le client du chemin de fer.

Sans aller jusqu'à rejeter toute la technologie qui nous entoure, aux Etats-Unis, nombreux sont ceux qui remettent en question un des outils les plus emblématiques de cette société, à savoir l'automobile (ce qui, aux USA, n'est pas une mince affaire, croyez-moi)...
Ces mouvements, souvent implantés localement, promeuvent les modes de déplacement aleternatifs comme les pieds, le vélo ou les transports en commun. Ils sont articulés grâce au réseau World Carfree Network. A New York, ce mouvement est représenté par l'association Time's Up qui y est célèbre grâce à ses ateliers de réparation de vélo gratuits (oui, oui, vous avez bien lu), grâce à ses randonnées cyclables dans Brooklyn ou Manhattan et surtout grâce à ses démêlées avec la ville de New York.

Et enfin

Suite à cette généalogie, étendue à défaut d'être exhaustive, me voici enfin arrivée au but de cet article (souvenez-vous du titre...) qui est de vous présenter la synthèse de tous ces courants en la personne du "No impact man". Celui-ci a décidé de mener en famille une expérience (décidemment...) destinée à réduire à zéro son empreinte écologique en diminuant son impact négatif (réduire voire arrêter les activités polluantes) et en augmentant son impact positif (participer à des actions visant à réduire la production de gaz à effet de serre de sa communauté, etc.). Cet homme c'est Colin Beavan, il habite New York (enfin Manhattan, ce qui a mon humble avis a son importance), il a 43 ans, il est écrivain et il a une charmante épouse et une petite fille... Son blog http://noimpactman.typepad.com/blog/ lancé en février 2007 documente son entreprise et sa philosophie. Concrètement, celà veut dire, consommer localement, reconcer aux véhicules motorisés (même les transports en commun), et s'inspirer beaaaaaucoup de la simplicité volontaire*. Bon, comme j'ai découvert le No impact man grâce à Polly, je ne vais pas répéter ce qu'elle explique très bien sûr son blog. Je vous invite donc à aller le consulter ici.

 

*Maintenant, vous voyez pourquoi je vous ai bassinés avec tous ces mouvements américains avant de vous parler du No impact man !

Par Loussaille
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