LOUSSAILLE A NEW-YORK
 

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Guide de survie d'une naturelle française à New-York

Mercredi 10 octobre 2007

Au Etats-Unis fleurissent depuis quelques années les expériences les plus diverses et variées visant à briser notre dépendance à la société "pétroliphage" ou à réduire notre empreinte écologique. Ces expériences peuvent être classées en différentes tendances:

1. Les "Locavores"

A la suite de James MacKinnon et Alisa Smith de Vancouver, qui se sont lancés en 2005 le défi de ne rien manger pendant 1 an qui ait voyagé plus de 100 miles (c'est à dire grosso modo 160 km) avant d'aterrir dans leur assiette, de nombreuses initiatives du même genre ont vu le jour en Amérique du Nord. Les nouveaux locavores se sont appuyés sur des lectures devenues cultes comme The 100-Mile Diet: A Year of Local Eating (édition canadienne) et Plenty: One Man, One Woman, and a Raucous Year of Eating Locally (édition américaine).
Cette expérience a fait boule de neige puisque de nombreux magasins ayant un rayon fruits et légumes digne de ce nom et une conscience, ainsi que quelques restaurateurs se font un devoir de ne se fournir qu'auprès de producteurs de proximité. Tout au bout de la chaîne, même les épiceries de quartier et les grandes surfaces commencent à mettre en avant les produits cultivés localement. Enfin, les farmers' markets qui ne regroupent QUE des producteurs locaux, ont vu leur fréquentation croître et, par conséquent, l'offre de fruits et légumes s'est enrichie et diversifiée, convaincant ainsi en retour de nouveaux clients de sauter le pas.
Bien qu'à New York, cette tendance soit moins sensible qu'en Californie, mais il faut dire aussi que le climat de la Côte Ouest rend les choses particulièrement faciles pour les locavores, les mentalités bougent ici aussi, comme en témoigne le pacte lancé par l'Etat de New York, le 100-mile diet challenge, incitant les professionnels et les particuliers à signer et à s'engager à ne se nourrir que d'aliments produits localement.
En Virginie, l'expérience menée par Barbara Kingsolver, écrivaine renommée, et sa famille, s'est traduit par la publication d'un livre Animal, Vegetable, miracle: a year of food life qui est d'ores et déjà un succès éditorial. Cet ouvrage fait le compte-rendu d'une année durant laquelle la famille n'a mangé que ce qu'elle a elle-même produit (quoi de plus local que les fruits, légumes, oeufs et viande de son propre jardin?), ou, au pire, acheté à des producteurs locaux.

La philosophie des locavores recoupe souvent celle du mouvement d'origine italienne Slow Food. Elle est présentée succintement dans cet entretien radiophonique (en anglais) de Barbara Kingsolver appelé The Ethics of Eating. Néanmoins, les motivations des deux créateurs, au départ de leur aventure, relevaient autant du désir de lutter contre la crise qui touche les exploitations agricoles familiales que de celui de mettre un terme aux absurdités écologiques générées par la mondialisation du marché alimentaire, sur lequel un ingrédient voyage en moyenne 1500 miles (environ 2400 kilomètres) avant d'être consommé.

100-Mile Book US

2. Les "Consommophobes" (ou anti-consuméristes, mais je trouve le mot moins approprié)

Venus eux aussi de l'Ouest de l'Amérique, mais ayant une origine toute différente, les consommophobes du groupement The Compact, lancé à San Francisco en 2006, ont tenté l'expérience de ne rien acheter pendant toute une année, en dehors bien entendu de la nourriture. Quand le besoin d'acquérir un nouvel objet se faisait sentir, les membres avaient le choix entre l'emprunter, le troquer ou l'acheter d'occasion.

Le but avoué de l'initiative est, d'une part, d'aller au delà du recyclage pour contrecarrer les effets négatifs de la société de consommation à l'américaine, aussi bien au niveau environnemental qu'humain ; d'autre part, de désencombrer les logements et les vies. En celà, on reconnaît l'influence de la Simplicité volontaire, concept apparu aux USA en 1981 avec la publication de Voluntary Simplicity : Toward A Way Of Life That Is Outwardly Simple, Inwardly Rich de Duane Elgin.

Encore une fois, l'expérience a eu du succès puisque de nombreux nouveaux membres viennent régulièrement enrichir le groupe d'échanges The Compact. Ceci permet à d'autres anti-consuméristes d'occuper le devant de la scène. Ainsi, les groupes de consommateurs (dont l'objectif est d'aider à consommer MIEUX), les adeptes de la simplicité volontaires (qui ont pour but de consommer MOINS) et les freegan (qui, eux, souhaitent NE PLUS consommer DU TOUT, du moins pas dans le sens habituel du terme) gagnent en popularité. Ces derniers sont regroupés autours d'associations ou de sites internets tels que www.freegan.info, Freecycle ou Really really free market afin de permettre le partage des ressources (qu'il s'agisse de faire circuler des objets qui ne servent plus ou de récuperer dans les poubelles - oui, oui - ce qui pourrait encore servir mais dont les autres ne veulent plus), des informations ou des savoir-faires.

A noter également le succès du Révérend Billy et du Stop Shopping Gospel Choir, mélangeant religion spectacle à l'américaine et message anti-consumériste, comme en témoigne la parution du livre du Révérend intitulé What Jesus would buy: Fabulous Prayers in the Face of the Shopocalypse (sic !!!). Une bizarrerie dont on ne se lasse pas...

3. Les "Technophobes"

Cette tendance-ci est bien implantée aux USA depuis des siècles, et ce grâce à des groupes religieux anabaptistes, comme les Amish ou les Mennonites, qui rejettent partiellement ou totalement l'usage de la technologie et en particulier des appareils électriques et des véhicules à moteur. Le travail de la terre ainsi que les déplacements sont ainsi tributaires de la traction animale (c'est à dire des chevaux). Le réfrigérateur, la machine à laver, la télévision, l'éclairage électrique, mais aussi la climatisation (pourtant présente dans la plupart des foyers américains à l'heure actuelle), ni aucun des outils électriques utilisés par les ouvriers ou les artisans ne sont autorisés au sein de ces communautés.

Récemment, Eric Brende, un diplômé de MIT (Massachusets Institute of Technology) réalisant à quel point les nouveaux développements technologiques semblaient plus aliéner l'homme que le libérer, décidé de se joindre à l'une de ces communautés avec sa femme, pour une durée d'un an et demie, afin de déterminer si, sans technologie, la vie est aussi peu confortable que ce que les adeptes du progrès tentent de nous faire croire. Le résultat de cette expérience est publié en 2004 sous le titre Better Off : Flipping the Switch on Technology.
Bien sûr, cette question n'est pas neuve et n'est pas sans rappeler le mouvement Luddiste d'opposition à la mécanisation des usines, au 19ème siècle, ou l'expérience menée par Henry David Thoreau (1817-1862) qui laissa le monde civilisé derrière lui pour vivre seul en pleine nature, durant deux ans, sur les bords de l'étang de Walden (Massachusets). Thoreau était, lui aussi, réticent face au "Progrès" et aux nouveautés technologiques. Il considérait, entre autres, que voyager à pied était plus rapide que de prendre le train, car si on comptait en plus du trajet en lui-même le temps passé à travailler pour payer le voyage, il était fort probable que le marcheur serait arrivé à bon port bien avant le client du chemin de fer.

Sans aller jusqu'à rejeter toute la technologie qui nous entoure, aux Etats-Unis, nombreux sont ceux qui remettent en question un des outils les plus emblématiques de cette société, à savoir l'automobile (ce qui, aux USA, n'est pas une mince affaire, croyez-moi)...
Ces mouvements, souvent implantés localement, promeuvent les modes de déplacement aleternatifs comme les pieds, le vélo ou les transports en commun. Ils sont articulés grâce au réseau World Carfree Network. A New York, ce mouvement est représenté par l'association Time's Up qui y est célèbre grâce à ses ateliers de réparation de vélo gratuits (oui, oui, vous avez bien lu), grâce à ses randonnées cyclables dans Brooklyn ou Manhattan et surtout grâce à ses démêlées avec la ville de New York.

Et enfin

Suite à cette généalogie, étendue à défaut d'être exhaustive, me voici enfin arrivée au but de cet article (souvenez-vous du titre...) qui est de vous présenter la synthèse de tous ces courants en la personne du "No impact man". Celui-ci a décidé de mener en famille une expérience (décidemment...) destinée à réduire à zéro son empreinte écologique en diminuant son impact négatif (réduire voire arrêter les activités polluantes) et en augmentant son impact positif (participer à des actions visant à réduire la production de gaz à effet de serre de sa communauté, etc.). Cet homme c'est Colin Beavan, il habite New York (enfin Manhattan, ce qui a mon humble avis a son importance), il a 43 ans, il est écrivain et il a une charmante épouse et une petite fille... Son blog http://noimpactman.typepad.com/blog/ lancé en février 2007 documente son entreprise et sa philosophie. Concrètement, celà veut dire, consommer localement, reconcer aux véhicules motorisés (même les transports en commun), et s'inspirer beaaaaaucoup de la simplicité volontaire*. Bon, comme j'ai découvert le No impact man grâce à Polly, je ne vais pas répéter ce qu'elle explique très bien sûr son blog. Je vous invite donc à aller le consulter ici.

 

*Maintenant, vous voyez pourquoi je vous ai bassinés avec tous ces mouvements américains avant de vous parler du No impact man !

Lundi 8 octobre 2007

Une fois n'est pas coutume, je vais faire un total hors sujet. Voici un article qui n'a rien à voir ni avec le naturel à NY, ni avec l'activité de blogging en général.

Je vais vous parler d'un ami à moi. Il est Britannique, il vit à New York, il est musicien et il s'appelle Justin Tracy. Il passe en concert régulièrement dans le Lower East Side (The Living Room et Rockwood Music Hall). Jusqu'ici j'adorais sa voix, mais je n'étais pas convaincue par ce qu'il en faisait. Et puis, il a évolué musicalement, a fondé le groupe Stellar Moss, a composé de nouvelles chansons. Et maintenant, je suis fan... A tel point que je lui ai demandé si je pouvais chanter "Glimpse" en duo avec lui. Allé steuplai dis oui !!!

Alors comme j'écoute ce titre en boucle (enfin uniquement quand je suis toute seule, je veux pas faire tourner les autres chèvres, surtout qu'on a assez de discomobiles dans le quartier comme ça), je me suis dis que je ne pouvais pas ne pas vous en parler. Dommage que sur YouTube on ne trouve que la version guitare de "Glimpse", car la version avec basse, percussions et synthé est à tomber...


Edit du 10 octobre 2007 :
Le sens de glimpse est incommunicable. En général, il est traduit par "vision" (d'où le titre de l'article, il faut suivre non mais), mais pas du tout dans le sens mystique et pas tellement dans le sens de capacité de vision, mais plutôt de champ de vision. En effet, glimpse fait plutôt référence à l'objet qui est vu, plutôt qu'à l'action de voir telle qu'elle est mise en oeuvre par le spectateur (euh, c'est un peu indigeste là). De plus glimpse a toujours une nuance de vitesse : to catch a glimpse est toujours rapide et/ou momentané et/ou furtif et n'est pas parfaitement rendu par "entrevoir" (d'une part parce qu'entrevoir est un verbe d'action qui fait intervenir beaucoup plus le sujet que dans l'expression anglaise éminemment passive, et d'autre part car entrevoir peut aussi bien signifier voir partiellement que voir momentanément, ce qui est flou en comparaison de la délicieuse précision de glimpse). Ah l'anglais, quelle belle langue...

par Loussaille publié dans : Bloguer
Mardi 28 août 2007

        Voilà plusieurs semaines que j'utilise ce shampoing solide et je suis toujours autant éblouie par son efficacité. J'ai même tendance à le considérer comme le meilleur du monde (qui a dit que c'est parce que c'est moi qui l'ai fait ?)...
        Par nature, j'ai les cheveux longs, ondulés, à tendance secs, et le cuir chevelu sensible et grassouille. Souvent par le passé, j'ai dû choisir entre volume et brillance (si mes cheveux sont volumineux, le plus souvent ils ont l'air sec et terne, et s'ils sont brillants, ils sont le plus souvent plats et collés au crâne), douceur et ressort (ils sont doux lorsque les boucles ont perdu leur définition et qu'elles retombent lamentablement, et ils ont du ressort quand les cheveux sont propres au point d'être rêches), confort et tenue (mon cuir chevelu apprécie que mes shampoings ne soient pas trop fréquents, mais ceci au détriment d'une coiffure qui se tient : quand l'intervalle entre les shampoings s'allonge, les cheveux deviennent mous, les boucles se distendent et les mèches s'affinent)...

        Plus maintenant ! Aujourd'hui j'ai enfin volume ET brillance, douceur ET ressort, confort ET tenue... Tout ça grâce à ce superbe shampoing solide dont voici la formule :

150 g d'huile de palme
150 g d'huile d'olive
100 g d'huile de coco
100 g d'huile de ricin
69 g de soude caustique
150 ml de bière
1 c à c d'HE de sauge sclarée
2 c à c de rhassoul en poudre fine
1 pincée de fibres de soie

         Je l'ai réalisé avec la méthode à froid en dissolvant la soude et la soie dans la bière glacée (attention, bien que la bière soit très froide, la réaction de dissolution de la soude est encore plus exothermique que d'habitude... utilisez impérativement un contenant en verre pour cette opération), et en ajoutant le rhassoul et l'HE de sauge à la trace. Cette dernière a été excessivement rapide. Si j'avais su, j'aurais même laissé mon mixeur plongeur au placard, et j'aurais simplement mélangé mes huiles et ma soude à la spatule ou au fouet pour éviter d'accélérer la réaction de saponification plus que de raison. Mais bon, ça marche même avec un mixeur plongeur, du moment qu'on est rapide et paré à verser dans les moules...

         Pour ceux qui ont peur de la soude (et ils ont raison, cf plus bas) ou qui n'aiment pas faire leur savon eux-mêmes (et ils ont raison, il y a plein d'autres choses intéressantes à faire dans la vie), ils peuvent toujours l'acheter .

         Si vous voulez vous lancer, je vous recommande de consulter, avant, quelques unes des sources gentiment compilées par ZenBiloba et de lire mon article sur les savons fouettés dans lequel j'explicite en photos les consignes de sécurité en matière de savonnerie. Faire du savon est une activié à prendre avec sérieux ; la soude n'est pas caustique à cause de son humour mais de son pH et elle ne fait pas de cadeaux aux néophytes imprudents. Vérifiez toujours les quantités d'une recette sur un calculateur comme The Sage, et vérifiez-les plutôt deux fois qu'une...

        Les droits d'auteur, s'appliquant à toute oeuvre de l'esprit, doivent être respectés dans le cas de cette recette, dont je suis particulièrement fière. Merci de me citer et de renvoyer un lien vers cet article si vous faites référence à ce shampoing-barre.

Dimanche 26 août 2007

 

          Je ne sais pas si vous le savez, mais aux Etats-Unis, les coques de noix de lavage, c'est bien simple, il n'y en a pas. Les paillettes de savon pur que j'ai trouvées étaient importées d'Italie dans un packaging glamour et étaient vendues au prix du caviar. Et les lessives prétendument écolo, Ecover, Seventh Generation, Safonique, ne le sont que parce qu'elles ont une grande biodégradabilité (ce qui est déjà mieux que bien d'autres détergents), mais présentent tout de même une toxicité non négligeable pour la faune et la flore.

          Que faire ? Et bien utiliser du savon naturellement... Si le savon n'est pas en paillettes bien fines, vous pouvez être certain qu'il ne se dissoudra pas de lui-même dans le tambour de votre machine (surtout qu'aux USA, les programmes ont tendance à être beaucoup plus courts qu'en Europe) et que vous retrouverez des blobs blancs sur votre linge. Quand c'est comme ça, il n'y a qu'une chose à faire : donner un coup de main au savon et le dissoudre au préalable pour faire du gel lessive.

          La recette est enfantine et s'adapte à vos quantité :

- 1 volume de bouts de savon,
- 1 volume de cristaux de soude,
- 10 à 12 volumes d'eau.

Pour mesurer votre volume de savon, remplissez à moitié d'eau un verre doseur en prenant bien soin de noter le volume d'eau au préalable. Jetez-y les morceaux de savon dont vous disposez, puis mesurez le volume final. Faites la soustraction volume final - volume d'eau et vous savez quel volume de savon vous avez sous la main.

         Il suffit donc de dissoudre au bain-marie ce volume de savon : dans un grand saladier (ou pot, ou bol, ou cul-de-poule, ou autre), versez le savon dans 10 à 12 fois son volume d'eau chaude, couvrez, et laissez fondre à feu doux. Celà prend plus ou moins un quart d'heure selon la taille des morceaux de savon.

         Quand le mélange est presque liquide, arrêtez le feu (ça n'est pas grave si quelques petits morceaux subsistent, il y a fort à parier qu'il se dissoudront tout seul comme des grands par la suite). Versez le volume de cristaux de soude et remuez vivement. Les cristaux se dissolvent bien et vite.

         Mettez ensuite en bidon en prenant soin de choisir un bidon largement plus volumineux que votre lessive. En effet, celle-ci aura tendance à gélifier au point, parfois, d'être complètement figée et il est nécessaire d'avoir de l'espace dans le bidon pour pouvoir secouer énergiquement et liquéfier le blob. Et voilà...

         J'utilise environ 100ml de ce mélange par lessive, accompagné d'un peu de bicarbonate de soude (pour protéger les couleurs) ou de percarbonate de soude (pour blanchir le linge), comme Raffa le recommande dans son indispensable Grand ménage.

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          Mais alors, me direz-vous, quel savon utiliser ? Et bien ça a peu d'importance... Vous pouvez utiliser à peu près n'importe quel savon, à partir de moment où il s'agit d'un VRAI savon (non Dove, n'est pas un vrai savon, mais une barre de détergent avec de la crème autour pour faire descendre la pilulle) et qu'il n'est pas trop surgras. En effet, l'excédent d'huile non saponifié, s'il est important, peut très bien se retrouver sous forme de traces grasses sur vos vêtements... Mais c'est peu probable dans le cas des savons naturels de bases qui ne sont pas surgraissés à plus de 5% quand ils le sont.


          Le savon de Marseille, fait l'affaire. Le savon d'Alep, itou. Le savon de pays cher à ZenBiloba, fait à partir de lard ou de suif (lard or tallow), marche également. Les fins de savons, pas très pratiques sous la douche, se prêtent fort bien à cet usage. Et les savons dont vous n'aimez pas l'odeur aussi, car leur odeur disparaît complètement après lavage comme le prouve l'expérience menée par Daka sur LTT.

          En ce qui me concerne, je me sers en ce moment d'un lot de savon à la lavande qui a râté (il a râté lors de sa fabrication lors de la technique à chaud, et rebelote, il a râté lors de ma tentative de sauvetage par la technique de la refonte) : d'un point de vue chimique, c'est un savon irréprochable, mais par contre, d'un point de vue esthétique, je ne l'offirais pas à mon pire ennemi... Quand j'aurai terminé ce lot, je me mettrai à faire un savon pas cher, sans chichi et sans surgraissage destiné uniquement à l'usage ménager. Il remplacera avantageusement mon savon détachant au fiel et sera également fondu pour réaliser ma lessive. J'ai deux options : 
1. savon composé uniquement d'huile de coco,
2. savon composé uniquement de Crisco (ou vegetable shortening).
Crisco est une marque de graisse végétale - l'équivalent de la végétaline française - faite à partir d'huiles hydrogénées de soja ou de coton. C'est certainement bourré de transfat (à cause de l'hydrogénation), d'OGM et de pesticides. Mais Crisco, malgré ça, a deux avantages : c'est ridiculement bon marché, et c'est produit à partir d'huiles etatsuniennes, c'est à dire que ces huiles auront certainement fait un voyage moins long pour me parvenir que leur cousine des tropiques Miss Coco. Comme vous voyez entre les deux, mon coeur balance...

Jeudi 23 août 2007

        Pour tous les Français de New York (et d'ailleurs) qui sont bien obligés de prendre l'avion pour retourner en France faire un coucou à leur famille de temps en temps, et qui savent bien qu'un billet aller-retour Paris-New York est aussi polluant qu'une année entière de trajet boulot-domicile en 4x4, il existe une solution pour lutter contre la mauvaise conscience écologique et pour diminuer l'impact du vol sur la planète et son atmosphère. Ca s'appelle la compensation carbone, ou "carbon offset" en anglais.

        Les carbon offsets sont des activités destinées à réduire le CO2 produit, de façon à contrebalancer le CO2 relargué dans l'atmosphère par votre vol transatlantique, et ainsi à baisser votre empreinte écologique de pollueur aérien. Des fonds de compensation écologique ou Green offset funds, vendent des compensations à des particuliers ou à des entreprises. Ces mêmes fonds financent des projets soutenant la reforestation des zones tropicales ou le développement des énergies renouvelables. En achetant un carbon offset, on donne de l'argent à un groupe qui travaille à la réduction de la production de CO2. Le bénéfice : même si vous polluez (et pas qu'en prenant l'avion), la réduction de gaz à effet de serre pour laquelle vous avez payé, peut quasiement annuler les effets négatifs de vos actions. C'est bien pour la conscience... Et ça marche mieux que d'acheter des indulgences pour contrebalancer nos péchers et entrer au paradis.

        Ces compensations ne sont pas destinées uniquement aux entreprises qui veulent se faire de la pub en reverdissant leur image. Des associations achètent des carbon offsets pour s'assurer que les événements qu'ils organisent ont une empreinte écologique nulle. Des groupes de musiques en achètent également pour s'assurer que la production de gaz à effet de serre résultant de leurs tournées soit contrebalancée par une réduction de production de CO2 équivalente. Et les particuliers peuvent s'y mettre aussi. Les organisations qui vendent ces carbon offsets calculent combien ils vous en coûtent pour neutraliser une production de CO2 donnée. Et c'est pas si cher qu'on croit. Ainsi, d'après l'organisation Carbon Fund (www.carbonfund.org), il ne vous en coûte que 19,49 $ pour compenser la production de gaz à effet de serre et la formation de nuages en altitude d'un trajet aller-retour JFK-CDG, c'est à dire New York-Paris (hééééé oui, les avions produisent aussi de la vapeur d'eau, qui forme des nuages, qui empêchent la chaleur de s'échapper de l'atmosphère par radiation, qui en rajoutent une couche dans l'effet de serre et le réchauffement de la planète). C'est peanuts ! Surtout si le reste du temps vous travaillez à réduire votre impact écologique, ce qui se traduit le plus souvent par un comportement plus économique et donc moins de sous dépensés.

        Ce genre d'organisation a le vent en poupe en ce moment puisque Carbon Fund, un des organismes les plus importants en la matière, a multiplié par 20 son volume d'affaire depuis l'année dernière. A lui seul, Carbon Fund compense pour la prduction de plus de 150 000 tonnes de dioxyde de carbone. Qui peut en dire autant ?

        Pour en savoir plus sur les organismes qui vendent des compensations carbone, allez visiter www.green-e.org qui certifie les programmes de développement des énergies renouvelables et travaille sur un label concernant la vente de carbon offset, ou www.ecobusinesslinks.com qui propose une liste détaillée de ces organismes.

 

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